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Restructuration des ZAE en Bretagne : les enseignements de quatre territoires pilotes

Publié le 29 juin 2026

Face à la raréfaction du foncier et aux objectifs ZAN, les collectivités bretonnes ne peuvent plus compter sur la création de nouvelles zones d’activités : elles doivent optimiser l’existant. Mais le passage à l’action reste complexe : modèle économique peu incitatif, concurrence entre territoires, dialogue insuffisant avec les entreprises. C’est pour dépasser ces freins que l’EPF Bretagne et le Cerema ont lancé en 2024 une démarche expérimentale avec quatre intercommunalités pilotes.

Pourquoi cette expérimentation ?

Le diagnostic est partagé par tous les acteurs : les réserves foncières s’amenuisent, certaines ZAE se dégradent sans que le modèle économique du renouvellement urbain ne soit vraiment incitatif, la propriété est morcelée, et la concurrence pour accéder au foncier tend à évincer les activités les moins solvables. En Bretagne, la tension sur l’immobilier d’activités atteint désormais un niveau comparable à celle du secteur résidentiel.

Une démarche expérimentale structurée

Pour traduire ces constats en actions concrètes, l’Etablissement Public Foncier (EPF) de Bretagne a contractualisé avec quatre intercommunalités et mobilisé un large cercle de partenaires : État, Région Bretagne, CCI, Chambre des Métiers, Banque des Territoires, Cerema, agences d’urbanisme (AUDELOR, AUDIAR) et CAUE 56.

La démarche poursuit cinq objectifs : capitaliser les retours d’expérience, identifier les leviers opérationnels, accompagner les quatre territoires-test, ouvrir la démarche à d’autres collectivités volontaires, et diffuser les enseignements.

La feuille de route : 4 axes de travail

Les territoires ont travaillé autour de quatre axes communs : mieux connaître l’offre et les besoins, passer à la mise en œuvre opérationnelle, associer les entreprises comme parties prenantes, et garantir l’équité d’accès au foncier pour toutes les entreprises, y compris les plus jeunes ou les moins solvables.

Concrètement, cela se traduit par des orientations partagées : sanctuariser les espaces productifs, structurer des bourses de locaux, renforcer la veille immobilière et réguler les prix du foncier.

Les 4 retours d’expérience territoriaux

Dinan Agglomération (22)

En mars 2024, Dinan Agglomération a formalisé sa stratégie autour de quatre axes : encadrer la commercialisation des zones d’activités (ZA), limiter l’artificialisation, développer l’immobilier mutualisé et créer du foncier en renouvellement urbain. Sur le terrain, l’EPF Bretagne a préempté en décembre 2024 puis en mai 2026 les parcelles de l’ancienne graniterie Sodigranits (zone de Dinan-Quévert, 52 ha), avec pour objectif d’y réaliser un village d’entreprises en bail à construction. Des étudiants du Master MOUI (Maîtrise d’Ouvrage Urbaine et Immobilière) de Rennes 2 ont également planché sur les scénarios d’aménagement.

Pays de Landivisiau (29)

La communauté de communes a d’abord mené des enquêtes auprès des entreprises pour cartographier leurs besoins, dans le cadre de l’élaboration de son PLUi-H. Elle a instauré une bourse de locaux vacants et un droit de préemption. L’expérimentation se concentre aujourd’hui sur un îlot-test dans la zone d’activité (ZA) du Vern, avec une étude pré-opérationnelle en cours accompagnée par l’EPF Bretagne et la Banque des Territoires — dont la méthode a vocation à être répliquée sur d’autres zones.

Rennes Métropole (35)

En 2024, Rennes Métropole a adopté un Programme Local de l’Aménagement Économique (PLAE) avec un objectif clair : satisfaire 60 % des besoins en surfaces économiques par le renouvellement et la densification des ZAE existantes. Pour y parvenir, la Métropole s’appuie sur deux outils innovants : le bail à construction, qui sépare foncier et bâti pour sanctuariser les espaces économiques sur le long terme, et un guide de recommandations annexé au PLUi, qui promeut densification, verticalisation et production d’énergie renouvelable.

Auray Quiberon Terre Atlantique (AQTA)

Depuis le 15 décembre 2023, AQTA a généralisé le bail à construction (BAC, 60 ans) à toutes ses nouvelles opérations d’aménagement économique. Ce dispositif permet aux entreprises de ne payer qu’un loyer pour le terrain tout en restant propriétaires du bâti, et garantit à la collectivité la maîtrise foncière sur le long terme en évitant la spéculation.