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BreizhCop : quel impact pour la logistique ?

Tous les acteurs régionaux sont invités à déposer leurs engagements dans le cadre de la BreizhCop. Tour d’horizon des projets déposés qui pourront impacter la logistique et les transports au niveau régional.

Portée par la Région, la BreizhCop est une démarche de co-construction d’un nouveau projet de territoire pour la Bretagne, intégrant les partenaires institutionnels, acteurs socio-économiques et citoyenne·s. L’ambition : maîtriser et accélérer la mise en œuvre de toutes les transitions en Bretagne, qu’elles soient écologique, climatique, économique ou sociétale. Au-delà de sa partie réglementaire, la BreizhCop propose à l’ensemble des acteurs régionaux de s’engager librement afin de contribuer à l’atteinte d’un ou de plusieurs des 38 objectifs de la Breizh Cop.

A la mi-juillet, 5666 engagements ont ainsi été déposés en ligne par les acteurs publics ou privés, les associations ou les citoyens. Parmi ceux-ci, certains pourraient impacter directement ou indirectement la logistique et les transports à l’avenir. Tour d’horizon, non exhaustif, des idées ou projets concernés.  

Territoire et circuits courts

De nombreux territoires affichent la volonté de développer les circuits courts, d’organiser la filière alimentaire locale ou encore de développer la commande publique de produits locaux. Il en est ainsi de Lorient Agglomération (56) (au travers d’une « charte pour l’alimentation et l’agriculture » et d’une stratégie d’organisation et d’équipement logistique associée), des Communautés de communes de Brocéliande (35) et du Pays d’Iroise (29), du Pays de Morlaix (29), des mairies de Lanvallay (22) et de Saint-Avé (56), de Fougères Agglomération (35) ou encore de Golfe du Morbihan / Vannes agglomération (56).

Ce développement des circuits courts est largement poussé par les Chambres d’agriculture de Bretagne au travers des projets alimentaires territoriaux (PAT), qui visent à rapprocher la production agricole, la transformation, la distribution et la consommation de produits alimentaires.

Les circuits courts sont aussi au cœur d’un projet porté par l’association Agendaou, qui vise à créer les conditions nécessaires à un développement économique et touristique respectueux des patrimoines et des habitants. L’association prévoit, d’ici la fin de l’année, de créer un site Internet dédié aux circuits courts pour limiter les transports et les emballages.

« BlablaMarchandises », logistique urbaine et multimodalité

Autre sujet porté les collectivités : la question de la multimodalité et des infrastructures associées.

Ainsi, la Communauté de communes du Pays d’Iroise (29) souhaite développer le transport à partir de plateformes multimodales sur son territoire. Une réflexion va ainsi être menée autour du petit cabotage vers les petits ports bretons. Autres projets pour la collectivité : la création de plateformes multimodales pour faciliter la desserte du territoire et faciliter ainsi l’implantation de nouvelles entreprises et le maintien des existantes ou encore le déploiement d’un « BlablaMarchandises », systèmes de véhicules en autoportage pour la livraison des marchandises sur les derniers kilomètres.

Côté fret ferroviaire, Questembert Communauté (56) souhaite valoriser un site de plus de 20 hectares à proximité de la gare de Questembert pour y développer des activités utilisant le fret ferroviaire et la Communauté de communes Saint-Méen Montauban (35) veut, elle, « contribuer » au développement du mode. De son côté, la mairie de Ploufragan (22) veut voir préservée la ligne de chemin de fer Saint-Brieuc-Loudéac pour une nouvelle utilisation voyageurs et fret en reliant notamment Le Légué et le parc d’activités des Châtelets.

Rennes (ville et métropole) a, elle, engagé des partenariats avec des acteurs de la logistique urbaine. Objectif : travailler ensemble pour favoriser une logistique du dernier kilomètre en véhicules propres. La Poste et le groupe Système U sont les deux premiers partenaires engagés dans la démarche. Le Plan de déplacements urbains de Rennes Métropole fixe également deux objectifs à 2030 : 0 livraison en diesel dans le centre-ville de Rennes et -30% de livraisons en véhicule diesel sur le reste de la Métropole.

BioGaz : production et consommation sur le territoire

Différents acteurs se sont engagés sur la question de la transition énergétique des transports. Pour le gaz, les acteurs du territoire souhaitent clairement miser sur le développement de la production de biogaz au travers de la méthanisation et son utilisation en local, notamment pour le transport. 

Ainsi, GRDF a affiché sa volonté de développer la production de gaz renouvelable via le développement des installations de production de biométhane (140 projets recensés en mars 2019) et les usages du biogaz breton pour une mobilité de plus en plus décarbonée. De leurs côtés, le Pôle Energie Bretagne (PEB) et les différents Syndicats Départementaux d’Energie (SDE) mettent en avant la construction d’un premier réseau de 18 stations d’avitaillement et leur engagement dans le domaine de la méthanisation.

Autre acteur impliqué dans la méthanisation agricole, Triskalia accompagne ses adhérents dans cette voie de diversification. Avec la Semaeb (devenue Sem Breizh), Direct Energie et la Caisse des Dépôts et Consignation, la coopérative a créé la Cobiogaz fin 2015. Objectif : réaliser sur le territoire breton un projet d’unités de méthanisation agricoles autour d’un point d’injection unique du biométhane sur le réseau de transport de gaz. Un des enjeux majeurs du projet et de mettre en œuvre une solution technique et économique pertinente pour la collecte et le transport de biogaz. Depuis le début du projet, les partenaires du projet ont rencontré 60 exploitations agricoles dans un périmètre de 25 km autour du point d’injection.

Vers une complémentarité des énergies

L’hydrogène est aussi dans les tuyaux et dans les réflexions des acteurs régionaux. Ainsi, le PEB et les syndicats départementaux d’énergie sont impliqués dans la réflexion sur ce nouveau vecteur énergétique. Morbihan Energies a d’ailleurs inauguré, en 2017, sa station hydrogène fonctionnant grâce à l’électricité renouvelable produite par une mini-éolienne et des panneaux photovoltaïques. Le SDE35 collabore actuellement avec Rennes Métropole et avec La Roche-aux-Fées communauté (35) pour la mise en place de plusieurs projets autour de la production (et utilisation) d’hydrogène renouvelable.

Si les acteurs bretons misent sur le biogaz, c’est plutôt la complémentarité des énergies décarbonées qui est visée. Ainsi, sur le Finistère, le SDEF, aussi engagé dans la BreizhCop, met en avant ses travaux sur la mise en place d’un réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques, de stations GNV/BioGNV et hydrogène, son soutien à la production local de BioGNV et sa participation dans les projets favorisant le développement de la production d’hydrogène propre sur le territoire.

Les collectivités sont aussi largement impliquées et visent une conversion rapide de leurs flottes de véhicules. Ainsi, le Smictom des forêts (35) s’engage à passer ses Bennes à Ordures Ménagères (BOM) au GNV dès que possible. Il accompagne en parallèle un projet de station-service GNV à Liffré (35). Montfort communauté (35) commandera aussi des véhicules GNV et accompagne la création d’une station GNV prévue sur son territoire. Dans le Finistère, la Communauté de Communes du Pays d’Iroise (35) entend, elle aussi, favoriser le développement du transport au bioGNV et Brest métropole entend faire muter son parc de bus vers du « 100% propre » (électique en urbain, bioGNV en interurbain), et ce, en moins de 10 ans.  

Questembert Communauté (56) va aussi convertir une partie de la flotte de véhicules communautaires. Plusieurs services emblématiques de la collectivité sont ainsi aujourd’hui équipés ou en passe de l’être : une voiture électrique pour la Petite Enfance et l’Espace Autonomie Sénior, une pour le Service Environnement (Énergie et Déchets), un fourgon hybride GNV pour le relais des médiathèques et projet d’achat d’une benne à ordures ménagères GNV d’ici 2020. L’installation d’une borne de recharge lente au sein du Parc technique est également programmée.

Roche aux Fées Communauté (35) a aussi souhaité s’impliquer pour déployer une « mobilité décarbonée multi-énergies » (BioGNV, hydrogène vert et électricité renouvelable). Objectifs : développer une première station multi-énergie pour les véhicules routiers sur une zone d’activité industrielle, mobiliser et accompagner les gestionnaires de flottes du territoire et soutenir l’expérimentation d’un train hydrogène sur la ligne SNCF Rennes – Châteaubriant.

Golfe du Morbihan – Vannes agglomération a acheté des véhicules de collecte de déchets ménagers au bio-GNV en substitution du diesel et vise l’acquisition de véhicules à hydrogène. L’agglomération vise aussi à faire de GMVA un territoire d’expérimentation de production d’hydrogène (PCAET) : station de distribution avec perspective de production locale, notamment à partir d’énergie photovoltaïque.

De son côté, Pontivy Communauté veut articuler les politiques de nouvelles mobilités avec les enjeux de l’air. Pour cela, la collectivité va poursuivre la mise en œuvre de son plan global de déplacement, et faciliter le déploiement de stations à carburant alternatif (GNV, hydrogène, …)

Côté entreprise, la FNTR veut encourager la complémentarité des modes (quand cela est pertinent) et des modes énergétiques susceptibles d’avoir un impact moins négatif sur l’environnent, dont l’hydrogène. A l’instar de ce qui est fait pour le bioGNV (au travers du dispositif régional Breizh[Bio]GNV) pour déployer territorialement des stations d’avitaillement et accélérer les investissements en véhicule, la fédération souhaite travailler sur les autres vecteurs énergétiques et notamment l’hydrogène. Enfin, Veolia a exprimé sa volonté de disposer d’une flotte de véhicules moins polluants et de participer à la production locale d’énergie propre (hydrogène, GNV…).

Emballages… ou sur-emballages ?

Dans le cadre de la BreizhCop, les entreprises sont aussi appelées à s’engager. Parmi celles-ci, Lobodis (adhérent de Bretagne Supply Chain) met en avant le déménagement de ses bureaux depuis Saint-Brieuc vers Bain-de-Bretagne. Tous les collaborateurs sont désormais rassemblés sur un seul site, permettant plus de proximité dans les échanges, et donc moins de déplacements. Sur ce site, Lobodis a réhabilité un bâtiment existant, destiné aux bureaux et à l’entrepôt logistique, en y intégrant les techniques modernes de l’isolation et de la domotique afin de réduire au maximum sa consommation d’énergie. Par ailleurs, la même année, l’entreprise a migré vers la technologie hybride sur une partie de son parc automobile.

Lobodis mène de multiples travaux de longues dates sur toutes les étapes de la vie du produit et notamment sur la question des emballages. L’entreprise a ainsi supprimé l’aluminium de ses emballages et a éco-conçu une nouvelle capsule « zéro déchet, végétale, biosourcée, biodégradable, certifiée home compost », dont le lancement est prévu en septembre 2019. Pour aller encore plus loin, Lobodis va alimenter la démarche d’entreprise ACT & RESPECT avec les outils de l’éco-conception, et ainsi faire de l’ « éco-socio-conception » son outil de travail de demain.

La résidence Val de Chevré, à La Bouëxière (35) souhaite, de son côté, faire un diagnostic sur les conditionnements de l’ensemble de ses produits et travailler en partenariat avec ses groupements d’achats sur la problématique de suremballage afin de trouver des alternatives. Enfin, la Communauté de communes de Brocéliande (35) souhaite aussi jouer sur le sur-emballage en « incitant les industriels à l’éviter ».