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Planification territoriale de la logistique : la Bretagne se distingue

Publié le 16 février 2026

Quelle est la place de la logistique dans les efforts de planification territoriale en France ? Cette question a fait l’objet d’un mémoire de recherche paru fin 2025. Le sujet logistique occupe une place croissante dans ces documents de planification territoriale. Mais des disparités entre régions subsistent. Alors, comment se situe la Bretagne par rapport aux autres régions françaises ?

Un mémoire de recherche inédit

Courant 2025, France Logistique, l’Afilog et le laboratoire LVMT ont soutenu un travail de recherche mené par Thomas Leloup, étudiant à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. L’objectif ? Analyser la place de la logistique et de la gestion foncière au sein des stratégies de planification des régions françaises. Cette analyse s’appuie sur une étude quantitative des schémas régionaux d’aménagement (SRADDET) et sur des entretiens avec des experts territoriaux.

Chaque région a son Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires (ou un équivalent). C’est « un document de planification qui, à l’échelle régionale, précise la stratégie, les objectifs et les règles fixées par la Région dans plusieurs domaines de l’aménagement du territoire » (source: Cerema). Ses objectifs s’imposent aux documents d’urbanismes comme les Schémas de COhérence Territoriale, les Plans Locaux d’Urbanisme intercommunal, les Plans de Déplacements Urbains ou les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux. Le SRADDET est porté par le Conseil Régional après une large consultation et il est revu à intervalles réguliers. La place qu’accorde ce document à la logistique est une traduction directe de l’ambition des décideur.ses en région concernant ces activités.

A l’échelle nationale, plusieurs enseignements intéressants

Premier enseignement de ce mémoire de recherche ? Partout en France, les tensions augmentent entre le développement d’infrastructures de transport et l’objectif législatif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN).

On y découvre également que la prise en compte des enjeux environnementaux s’accroît d’année en année. Au fil des révisions, les SRADDET mentionnent davantage la promotion de modes alternatifs comme le ferroviaire ou le fluvial.

Enfin, ce mémoire souligne des disparités importantes entre collectivités locales dans la façon d’anticiper les besoins de l’immobilier logistique. L’anticipation des besoins logistiques est forte là où la compétitivité économique internationale est en jeu (dorsale logistique, ports internationaux…). Mais ailleurs, elle est freinée ou réorientée par des impératifs de sobriété foncière et des enjeux de politique locale.

Quels points communs entre la Bretagne et les autres régions françaises ?

Le SRADDET breton a été mis à jour en 2024. On y retrouve les enjeux de la loi « Climat et Résilience », notamment les objectifs du Zéro Artificialisation Nette (ZAN). La Bretagne a même décliné les objectifs de réduction de consommation foncière au niveau des territoires (SCoT, EPCI).

En Bretagne comme souvent ailleurs, la logistique est tout aussi bien :

  • un levier de compétitivité économique (notamment portuaire)
  • un défi environnemental significatif à relever.

Enfin, le mémoire note que SRADDET breton traite bien la logistique comme un enjeu à part entière. La logistique n’est pas considérée comme une simple fonction subordonnée à l’industrie.

Quelles spécificités bretonnes pour la planification territoriale de la logistique ?

Ce mémoire de recherche permet également de mettre en lumière des caractéristiques propres au SRADDET breton.
En premier lieu, l’analyse quantitative fait apparaître que la stratégie bretonne aborde peu la logistique. Le nombre d’occurrence de la logistique est 2 fois moindre que dans le document des Hauts-de-France ou d’Île de France. Ce n’est pas très étonnant : les grands pôles logistiques nationaux ne sont pas situés en Bretagne.

La Bretagne a une identité maritime forte. Son SRADDET traduit l’ambition d’une région maritime où la performance logistique, principalement portuaire, est un facteur de compétitivité dans le cadre de la mondialisation.

Contrairement à la Normandie, les Hauts-de-France ou la Nouvelle-Aquitaine, la Bretagne n’a pas de système qui favoriserait explicitement l’implantation de sites logistiques, notamment des sites d’ampleur. D’autres régions ont des systèmes de « projets d’envergure régionale» ou des enveloppes foncières réservées pour la logistique.

Enfin, le SRADDET breton a bien un objectif dédié à la logistique : « Objectif 4 : Faire d’une logistique performante le vecteur d’un développement durable« . Mais cette ambition n’est pas traduite en obligations règlementaires contraignantes pour les activités logistiques.

En résumé…

L’analyse du SRADDET breton menée dans le cadre de ce mémoire traduit une volonté politique affichée pour la logistique, mais une mise en œuvre réglementaire encore discrète. La stratégie bretonne relative à la logistique est jugée incitative mais pas prescriptive. Le SRADDET présente la logistique comme un atout, et la performance environnementale est perçue comme un levier d’attractivité. Le document identifie aussi clairement les défis logistiques (mondialisation, ZAN, attractivité). Mais il ne les traduit pas en orientations réglementaires opposables aux documents d’urbanisme locaux (SCoT et PLUi).

Le SRADDET breton a été révisé en 2024. Depuis, la Région et l’Etat (DREAL Bretagne) ont co-construit avec les parties prenantes une Feuille de Route de la Mobilité des Biens et des Marchandises. Elle non plus n’est pas contraignante, mais elle engage acteurs publics et privés sur un chemin commun vers une logistique compétitive, décarbonée et territorialisée.